Les trois chiffres imprimés sur un engrais donnent, toujours dans le même ordre, sa teneur en azote (N), en phosphore (P) et en potassium (K), exprimée en pourcentage. Un engrais noté 10‑40‑20 annonce ainsi 10 % d'azote, 40 % de phosphore et 20 % de potassium. Ce sont les trois éléments que la plante consomme le plus, et la façon dont ils se répartissent indique à quel moment de la culture l'engrais est destiné.
Trois lettres, trois fonctions
Les lettres sont les symboles chimiques des éléments : N pour l'azote, P pour le phosphore, K pour le potassium, dont le nom latin est kalium. Une plante a besoin des trois du semis à la récolte, mais pas dans les mêmes proportions selon qu'elle fabrique des feuilles, des racines ou des fruits. C'est cette variation qui justifie l'existence de plusieurs formules, et c'est elle qu'il faut comprendre avant de lire une étiquette.
L'azote est l'élément du feuillage. Il entre dans la composition de la chlorophylle et des protéines, et c'est lui qui donne aux jeunes pousses leur vert franc. Un basilic qui en manque pâlit et reste chétif sur son rebord de fenêtre ; un plant de tomate qui en reçoit trop devient une liane superbe, toute en feuilles tendres, qui tarde à fleurir. Il s'agit donc d'en donner assez, sans excès.
Le phosphore travaille plus discrètement. Il intervient dans les transferts d'énergie à l'intérieur de la plante, et on l'associe au développement des racines, puis à la formation des fleurs et des graines. Le potassium, enfin, règle la circulation de l'eau et le transport des sucres vers les organes qui grossissent. La plante en réclame beaucoup lorsqu'elle fleurit et fructifie : c'est lui qui accompagne la tomate de juillet, quand les bouquets se chargent de fruits.
Lire l'étiquette sans se tromper
Le premier réflexe est de repérer le chiffre le plus élevé. Il désigne l'élément dominant et, par là, l'orientation de la formule : un azote en tête annonce un engrais tourné vers le feuillage, un potassium en tête un engrais pensé pour les fleurs et les fruits. Le second réflexe est de regarder le rapport entre les chiffres plutôt que leur valeur. Un 10‑40‑20 et un 5‑20‑10 offrent exactement le même équilibre ; le second est simplement deux fois moins concentré, et se dosera en conséquence.
Un détail déroute souvent le lecteur attentif. Sur la plupart des étiquettes, le phosphore et le potassium sont exprimés sous une forme conventionnelle, l'anhydride phosphorique (P2O5) et l'oxyde de potassium (K2O). Cette convention n'a pas d'incidence tant que l'on compare deux produits qui la suivent tous les deux. Il arrive aussi qu'une mention supplémentaire figure à côté des trois chiffres : elle signale alors un autre élément, le magnésium ou le calcium par exemple.
Deux formules, deux moments de la culture
Rien ne vaut un exemple. Parmi les engrais que nous vendons, MR1, un engrais de croissance de la marque Metrop, affiche un NPK de 10‑40‑20. Le phosphore y domine nettement : cette part élevée soutient la formation des racines, pendant que l'azote alimente le feuillage. C'est la formule d'une plante qui s'installe et construit sa charpente.
MR2, l'engrais de floraison qui lui succède, affiche 10‑20‑40. La part d'azote n'a pas bougé ; ce sont le phosphore et le potassium qui ont échangé leur place. La plante reçoit désormais deux fois plus de potassium que de phosphore, le rapport recherché quand elle forme ses fleurs puis ses fruits. Voilà deux étiquettes presque identiques à première vue, et pourtant deux usages bien distincts : la lecture des trois chiffres suffit à les départager. Le moment de passer de l'une à l'autre est expliqué dans l'article Quand passer de l'engrais de croissance à l'engrais de floraison.
Ce que les trois chiffres ne disent pas
Le NPK décrit ce qu'il y a dans la bouteille, pas ce que reçoit la plante. Entre les deux, il y a la dilution. Un engrais liquide concentré s'emploie à très petite dose : pour MR1, la dose maximale indiquée par le fabricant est de 100 ml pour 100 L d'eau, soit un millilitre par litre. Comparer deux engrais sur leurs seuls chiffres, sans regarder la dose d'emploi, revient à comparer deux sirops sans savoir combien d'eau on y ajoute.
Les trois chiffres passent aussi sous silence tout ce qui n'est ni azote, ni phosphore, ni potassium. Le calcium, le magnésium et les oligo-éléments figurent ailleurs sur l'étiquette, quand ils sont présents. Quant aux produits qui n'affichent aucun NPK, comme les stimulateurs racinaires, les acides aminés ou les extraits d'algues, ce ne sont pas des engrais au sens strict : ils accompagnent un engrais de base et ne le remplacent pas. Pour relier ces notions à votre propre culture, le guide Choisir son engrais selon le stade de la plante reprend les phases une à une.
Questions fréquentes
Un NPK plus élevé est-il meilleur ?
Non. Des chiffres élevés indiquent un produit plus concentré, pas un produit plus efficace. Ce qui compte, c'est l'équilibre entre les trois éléments et la quantité réellement apportée après dilution. Un engrais très concentré se dose simplement en plus petite quantité, et un surdosage cause plus de dégâts qu'un léger manque.
Quel NPK choisir pour des tomates ou des poivrons ?
Ces plantes traversent deux phases. Pendant la croissance, une formule qui soutient les racines et le feuillage convient, avec un phosphore bien représenté. Dès l'apparition des premières fleurs, on passe à une formule où le potassium domine, et on la conserve jusqu'à la récolte. C'est le stade de la plante qui décide, non la saison.
Pourquoi certains produits n'affichent-ils aucun NPK ?
Parce que ce ne sont pas des engrais au sens strict. Un stimulateur racinaire, un extrait d'algues ou une préparation enzymatique agissent sur les racines, le substrat ou la récupération de la plante. Ils ne lui apportent pas sa nourriture et s'utilisent toujours avec un engrais de base, qui fournit l'azote, le phosphore et le potassium.

