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Quand passer de l'engrais de croissance à l'engrais de floraison ?

Le changement se fait à l'apparition des premières fleurs, pas à une date fixe. Comment repérer le bon moment sur tomates, poivrons ou fraisiers, et comment faire la transition sans à-coup.

Publié le par Nos Engrais

On passe de l'engrais de croissance à l'engrais de floraison lorsque la plante forme ses premières fleurs. Le repère n'est pas une date du calendrier mais un stade que l'on observe : l'apparition des boutons floraux. À partir de ce moment, l'engrais de floraison remplace l'engrais de croissance, et on le conserve jusqu'à la récolte.

Pourquoi la plante change d'appétit

Pendant ses premières semaines, une plante construit. Elle étend ses racines, allonge ses tiges, déploie son feuillage : il lui faut de l'azote pour les feuilles et du phosphore pour s'enraciner. Puis vient un basculement. La plante cesse de consacrer toute son énergie à grandir et commence à préparer sa descendance, des fleurs d'abord, des fruits et des graines ensuite. Sa demande en potassium augmente alors nettement, car cet élément intervient dans le transport des sucres vers les organes qui se forment.

Les formules d'engrais épousent ce changement. Un engrais de croissance comme MR1, de la marque Metrop, affiche un NPK de 10‑40‑20, où le phosphore domine. MR2, son équivalent pour la floraison et la fructification, affiche 10‑20‑40, soit deux fois plus de potassium que de phosphore. La part d'azote reste identique, ce sont les deux autres éléments qui s'inversent. Si ces chiffres ne vous sont pas familiers, l'article Que signifient les trois chiffres NPK d'un engrais en donne la clé.

Reconnaître le bon moment

Le signal se lit sur la plante elle-même. Sur un pied de tomate, le premier bouquet apparaît le long de la tige principale, sous la forme d'une grappe de petits boutons verts et serrés, bien avant que la moindre fleur jaune ne s'ouvre. Sur un poivron ou un piment, le premier bouton se loge en général à la fourche de la tige, là où elle se divise pour la première fois. Chez le fraisier, les hampes florales montent du centre de la touffe et dépassent bientôt les feuilles.

Il est inutile d'anticiper. Tant que la plante n'a pas commencé à fleurir, elle travaille encore à ses racines et à son feuillage, et c'est l'engrais de croissance qui répond à ce besoin. Il est tout aussi inutile d'attendre que toutes les fleurs soient épanouies. Le repère le plus sûr reste le plus simple : dès que les boutons se voient à l'œil nu, on change. Un décalage de quelques jours, dans un sens ou dans l'autre, ne porte pas à conséquence.

Faire la transition sans à-coup

Le passage se fait par remplacement, non par addition. On termine l'arrosage en cours avec l'engrais de croissance, puis on prépare le suivant avec l'engrais de floraison, qui prend sa place dans l'arrosoir. Mettre les deux ensemble serait une erreur : deux engrais de base à pleine dose doublent la concentration de la solution, et ce sont les racines qui en pâtissent.

La rigueur du dosage, elle, ne change pas. Pour ces deux engrais, la dose maximale indiquée par le fabricant est de 100 ml pour 100 L d'eau, soit un millilitre par litre. Commencez en dessous, puis ajustez selon ce que la plante vous montre : un feuillage qui reste vert et des fleurs qui tiennent sont le signe que l'apport convient. On se demande parfois s'il faut ajouter un complément de phosphore et de potassium. Selon le fabricant, la teneur de MR2 en ces deux éléments rend cet ajout inutile pendant la floraison.

Les plantes qui échappent à la règle

Toutes les cultures ne passent pas par ce relais. Le basilic sur le rebord de la fenêtre, le persil, les salades se récoltent pour leurs feuilles : on cherche justement à retarder leur floraison, et l'engrais de croissance leur suffit d'un bout à l'autre. Il en va de même des plantes vertes d'intérieur, dont on n'attend pas de fleurs.

Les tomates et les poivrons posent la question inverse, puisqu'ils continuent de pousser tout en portant des fruits. La réponse est simple : une fois la floraison commencée, on reste sur l'engrais de floraison jusqu'à la récolte. Reste le cas des plantes mères, que l'on garde pour y prélever des boutures et que l'on maintient volontairement en phase végétative. Elles relèvent d'une formule à part, riche en azote et pauvre en potassium, comme MAM et son NPK de 20‑20‑8. Le guide Choisir son engrais selon le stade situe chacun de ces cas dans le cycle complet.

Questions fréquentes

Que se passe-t-il si l'on change trop tôt ou trop tard ?

Rien d'irréversible dans les deux cas. Trop tôt, la plante reçoit moins de phosphore au moment où elle développe encore ses racines. Trop tard, elle manque de potassium alors que ses fleurs et ses fruits en demandent. Un décalage de quelques jours ne pose pas de problème : corrigez simplement à l'arrosage suivant.

Faut-il réduire l'azote pendant la floraison ?

Un excès d'azote pendant la floraison favorise le feuillage au détriment des fleurs, c'est pourquoi un engrais de floraison n'en apporte pas plus qu'un engrais de croissance. Les deux formules citées plus haut affichent la même part d'azote, 10 % : la différence porte sur le phosphore et le potassium. Il n'y a donc rien de plus à régler de votre côté.

Peut-on utiliser un engrais de floraison dès le début de la culture ?

Ce n'est pas son usage. Un engrais de floraison est conçu pour la période où la plante fleurit et fructifie, et il se suffit pendant cette période. Pour la phase qui précède, un engrais de croissance, plus riche en phosphore, accompagne mieux l'enracinement. Utiliser chaque formule à son stade reste la façon la plus simple de couvrir les besoins de la plante.

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