Un stimulateur racinaire est un complément qui accompagne la formation des racines. On l'emploie en début de culture, pour l'enracinement des boutures, l'installation des jeunes plants et la reprise après un rempotage. Ce n'est pas un engrais : il n'apporte ni azote, ni phosphore, ni potassium, et s'utilise toujours aux côtés d'un engrais de base.
Les racines, la moitié cachée de la plante
On juge une plante à son feuillage, et l'on oublie volontiers ce qui se passe sous la surface. Tout ce qu'elle reçoit par l'arrosage passe pourtant par ses racines. Ce sont elles qui absorbent l'eau et les éléments nutritifs, qui ancrent la plante et qui mettent en réserve une partie de ce qu'elle produit. Un système racinaire étendu explore un plus grand volume de substrat ; il tire meilleur parti de l'engrais et supporte mieux un oubli d'arrosage.
Les premières semaines comptent plus que toutes les autres. Une bouture n'a pas encore de racines et vit sur les réserves de sa tige. Un semis n'en possède que quelques-unes, fines comme des cheveux. Une plante que l'on vient de rempoter doit partir à la conquête d'un volume de terreau qu'elle ne connaît pas. Durant cette période, elle est fragile et dépend entièrement de la façon dont elle s'installe. C'est là qu'un stimulateur racinaire trouve sa place.
Les moments où il est utile
Le bouturage vient en premier. La tige coupée doit fabriquer ses premières racines avant de pouvoir se nourrir seule, et c'est précisément l'étape que ces produits sont faits pour accompagner ; le guide Bouturage et plantes mères en décrit le déroulement. Le semis suit la même logique, dès que les jeunes plants sont levés et commencent à s'ancrer dans leur godet.
Le rempotage et le repiquage sont l'autre grande occasion. Même pratiqués avec soin, ils dérangent les racines, en cassent quelques-unes et placent la plante devant un substrat neuf. Un plant de tomate repiqué en mai marque souvent un temps d'arrêt avant de repartir : c'est ce passage que l'on cherche à adoucir. Au-delà, le stimulateur garde un intérêt pendant toute la phase de croissance, tant que la plante construit sa charpente et étend son réseau souterrain. Une fois la floraison engagée, l'essentiel des racines est en place, et la priorité passe à l'engrais de floraison.
Un exemple : Root Plus
Parmi les produits que nous vendons, Root Plus, de la marque Metrop, illustre bien cette famille. Il porte sur sa bouteille l'inscription ROOT+ et se présente comme un liquide à diluer dans l'eau d'arrosage. Sa composition annoncée par le fabricant repose sur des enzymes, sans NPK. Il est indiqué pour le début de culture et la phase de croissance, après un bouturage, un semis ou un rempotage.
La dose maximale indiquée est de 80 ml pour 100 L d'eau, soit 0,8 ml par litre, ce qui représente 8 ml pour un arrosoir de 10 L. En pulvérisation sur le feuillage, elle est de 10 ml pour 5 L d'eau. Comme pour tout produit concentré, on commence en dessous, on agite la bouteille et l'on dilue toujours dans l'eau ; la prudence est d'autant plus justifiée que les boutures et les très jeunes plants ont des tissus sensibles. Puisqu'il ne nourrit pas la plante, le fabricant conseille de l'associer à un engrais de croissance comme MR1, ou à MAM, un engrais pour plantes mères. Le stimulateur accompagne les racines, l'engrais fournit la nourriture.
Ce qu'aucun produit ne remplace
Aucun stimulateur ne compense de mauvaises conditions d'enracinement. Les racines respirent, et c'est la première chose à leur garantir : un substrat tassé ou gorgé d'eau les asphyxie, quel que soit le produit que l'on y verse. L'humidité doit être régulière, sans excès. Un substrat qui sèche légèrement entre deux arrosages incite les racines à s'étendre pour chercher l'eau, tandis qu'un substrat détrempé en permanence les fait pourrir.
La température compte tout autant, car l'activité des racines ralentit fortement dans un substrat froid. La taille du pot aussi : trop grand, il reste humide trop longtemps ; trop petit, les racines tournent en rond contre la paroi. Enfin, une jeune plante supporte mal une solution concentrée, et les doses d'engrais montent progressivement. Un stimulateur ne répare pas des racines détruites par un excès d'eau ou d'engrais ; dans ce cas, il faut d'abord supprimer la cause. D'autres compléments agissent sur la zone racinaire d'une autre manière, notamment les préparations enzymatiques qui dégradent les racines mortes : l'article Acides aminés, algues, enzymes les présente.
Questions fréquentes
Un stimulateur racinaire est-il la même chose qu'une hormone de bouturage ?
Non. Les hormones de bouturage, en poudre ou en gel, s'appliquent sur la base de la bouture au moment de la piquer. Un stimulateur racinaire liquide se dilue dans l'eau d'arrosage et s'utilise pendant plusieurs semaines. Celui que nous citons en exemple repose, selon son fabricant, sur des enzymes, sans azote, phosphore ni potassium annoncés.
Peut-on utiliser un stimulateur racinaire pendant toute la culture ?
Son terrain, c'est le début de culture et la phase de croissance : enracinement des boutures, jeunes plants, reprise après rempotage, puis accompagnement de la croissance. C'est pendant cette période que la plante construit l'essentiel de ses racines. Une fois la floraison engagée, l'engrais de base adapté à ce stade prend le relais.
Faut-il ajouter un engrais en plus du stimulateur racinaire ?
Oui, dès que la plante a des racines et commence à pousser. Un stimulateur racinaire n'est pas un engrais : il ne nourrit pas la plante. Il s'associe à un engrais de croissance, ou à un engrais pour plantes mères si l'on entretient des pieds destinés au bouturage, chaque produit étant dilué séparément dans l'eau.

